dimanche 10 octobre 2021

La vie est un bain.





 Je viens de prendre un bain. J'ai encore mis trop de mousse. La vapeur a nettoyé les embouteillages de mon cerveau, les chemins et connexions se sont désencombrés, et tout est sorti par le siphon quand le bain est devenu tiède.

J'ai un  peu envie de prendre un bain avec une certaine personne mais c'est pas une bonne idée, alors j'attends que ça passe. Les bains seule c'est bien. Je peux réfléchir à voix haute, ne pas me soucier de la température, du temps passé, de la position dans laquelle je suis. Mais mon bain est tellement grand, je m'assieds dans un coin et y'a de la place pour quelqu'un d'autre. J'ai envie de prendre un bain avec mes amies. Parce qu'en fait maintenant la nudité je m'en fous, grâce à un bain de minuit en italie. J'ai envie de faire couler un bain pour les gens que j'aime qui en ont besoin et m'asseoir sur le rebord juste pour parler.

Quand j'étais petite je prenais des bains avec ma maman. On prenait aussi mes jouets dedans. Quand je le prenais seule chez ma grand-mère elle s'asseyait sur la toilette et on rigolait tout le long, on inventait des chansons.  Mon autre grand-mère me rinçait les cheveux avec un petit arrosoir en plastique, tout en me disant "grandis petite fleur, grandis", tandis que je me levais lentement. Ma soeur m'appelait de la salle de bain en cognant contre le mur pour que je vienne parler avec elle pour que le temps passe plus vite.

Dans l'eau mon esprit a les idées plus claires. Y'a un tri qui se fait, un nettoyage. En flottant dans la mer, sous la douche, dans un bain, sous la pluie.


La vie est un bain.

Quelqu'un veut venir prendre un bain avec moi?


dimanche 3 octobre 2021

28 ans et trois quart de concepts




Concept: Avoir 28 ans.

Concept: Être en vie.

Concept: Mettre fin à une relation romantique d'un commun accord, vouloir rester potes, mais encore avoir du désir pour cette personne, parce que non ça ne passe pas en une semaine en fait.


48 minutes à pieds de retour sous la pluie, 48 minutes pour réfléchir à ne pas réfléchir. 

Le tram n'est pas passé. 

Parfois le tram ne passe pas même si le panneau l'indique. Mille métaphores cachées derrière le tram absent.

Un jour les choses seront aussi évidentes qu'écrire un poème, aussi évidentes que mes amours amicales, aussi évidentes que de m'endormir sur le canapé chez mon père.

Et si elles ne le sont pas c'est qu'elles ne sont pas sensées être. Et ce qui n'est pas évident ne doit pas être forcé.

C'est aussi simple que ça les choses complexes. Je prends mes pulsions hormonales et je les fous sous mon tapis persan. Tout un réseau de nerfs dans mon corps qui veut des choses que je ne peux pas lui donner, qui va me faire la gueule. Mais on ne donne pas de chocolat à un chien même si le chien en veut. Et on n'agit pas sur son désir pour des gens avec qui on sait que ça marchera pas. Les prises de tête ça fait de beaux poèmes mais j'en ai déjà écrit des centaines.


Concept: être en vie, très fort.



dimanche 22 août 2021

Très en/vie



 J'ai l'impression de réapprendre à être en vie.

J'avais perdu le mode d'emploi, il est tombé quelque part sous le plancher de mon ancienne chambre à l'autre bout de Bruxelles. Je savais plus comment on fait, j'appuyais sur tous les boutons en même temps puis j'ai juste arrêté d'essayer et je me laissais porter par mes instincts les plus obscurs, à vivre mon mythe de la caverne dans mon microcosme. 

Les feuilles tombent des arbres, les fleurs fanent, et moi j'étais en dépression. Je me rends toujours compte des choses comme ça des mois après, jamais au moment même. Comme si je retombais sur un film qui me disait vaguement quelque chose, parce qu'en fait je l'ai vécu.

Le soleil m'a un peu sortie de ma torpeur, mes proches aussi, mais je sais pas y'a eu un déclic quelque part dans la cage thoracique, celle qui est passée par mille états, j'ai l'impression qu'elle a été en acier, en bois, en verre, en pierre, prête à toutes les adaptations pour contrer tous les chocs possibles.

J'ai laissé le sel de la mer rentrer dedans, j'ai laissé des mains me toucher, j'ai laissé des rires la faire gonfler, et la mon coeur est tellement rempli qu'il pourrait exploser, mais il se remplira encore à l'infini.

La liste de certitudes est courte: J'ai 28 ans, trois cicatrices, une vingtaine de cheveux blancs, un grain de beauté mignon sur la paupière, je suis queer, et tout ira bien. Tout ira très bien.

mercredi 26 mai 2021

Dedans dehors






Aujourd'hui par hasard j'ai été faire du yoga.
Et entre deux inspirations, la tête à l'envers, il s'est passé quelque chose.
Je me suis subitement vue de l'extérieur et j'ai débloqué le sentiment que j'avais sur le bout du coeur depuis des semaines.
Je suis en dehors du monde tout en étant dedans. J'ai l'impression de ne plus être le personnage principal que j'étais. Je suis toujours la protagoniste de ma vie mais j'ai un autre rôle dans le monde, ou en tout cas c'est une autre facette, jusqu'ici très cachée, qui est sortie de sa torpeur pour prendre un peu le dessus. Je ne suis plus que la bouche je suis aussi l'oreille, je ne suis plus la main nerveuse je suis aussi les veines qui la font vivre. Je suis intérieure pour mieux être extérieure.  Je creuse et je façonne.

J'ai toujours eu des introspections très publiques. Je passais plus de temps à dire que j'étais en introspection qu'à réellement l'être. Je parlais. Je questionnais des relations. Je parlais. Je questionnais mon rapport aux hommes. Je parlais. Je questionnais mon anxiété. Je ne sais pas dire ce que je suis en train d'introspecter, mais en tout cas je suis certaine d'être en train de le faire.

Et là je regarde les autres protagonistes vivre, et je vis parmi eux. Il existent avec fracas, d'autres sont plus silencieux. Certains sont assis et d'autres dansent, certains sautent à pieds joints dans le chaos, d'autres me racontent des histoires. Et moi j'observe et j'écoute depuis mon intérieur. Et peut-être que cette fois-ci je ressortirai différemment. 


dimanche 9 mai 2021

Un rencard géant.






J'ai reçu un message d'Asma qui me disait "Je vais en terrasse, viens"

J'ai enfilé ma veste en jeans, celle des beaux jours, j'ai dévalé les escaliers et j'ai traversé une partie de Saint Gilles à pieds.

Mon coeur battait comme si j'avais un rencard avec un.e crush de longue date. Je me faufilais sur les trottoirs sur lesquels des terrasses avaient poussé comme des fleurs du jour au lendemain. 

Je croisais des regards inconnus et ils me faisaient des effets de peintures au musée. Tous ces visages étaient beaux, l'atmosphère était onirique. 

J'avais oublié qu'on était plus d'un million dans cette ville, j'avais oublié que les visages ne s'arrêtaient pas aux yeux. J'avais oublié les bruits de chaises métalliques, le brouhaha de fond, mon coeur qui palpite face à de la nouveauté, les atomes exaltés par la spontanéité.


Putain on est un million, putain je suis vivante, putain.

dimanche 2 mai 2021

Corps

 Des fois j'arrive pas à habiter mon corps. 


J'ai l'impression qu'il est une maison et que quand un changement s'y opère sans m'avoir demandé mon avis, je préfère emménager dehors que dedans. Je sors dans le jardin et je dors dans une tente. Et je l'observe et j'arrive pas à comprendre qu'il est à moi. Que je dois être dans la maison, parce que si je suis pas dedans, où est ce que je vais habiter?


Mais je boude. Je boude quand le papier peint me plait pas, j'ai envie de l'arracher en hurlant. Mais il s'enlève pas. Il m'a pas demandé mon avis il a poussé pendant la nuit comme une jungle silencieuse. Parfois faire un tour en dehors de mon corps ça m'aide à respirer mais après je sais plus rentrer dedans, y'a jamais eu de clé.


Alors de dehors je scrute la maison, je regarde ce que j'aime pas, je la fixe encore, encore, encore, jusqu'à ce que mes yeux fatiguent. Et ma maison elle veut juste que je l'habite. Elle veut que je la décore, elle veut que je m'adapte à ce que je ne peux pas changer. Je crois que je rends ma maison triste parfois. 

dimanche 11 avril 2021

Passivement active.

C'est bon ça suffit. 

I'm done.

Basta.

Les déclics se font depuis des années, de mois en mois et de semaine en semaine, et parfois les rouages reculent. 

J'en ai marre d'attendre. Quand je le cherche pas j'attends la gueule ouverte que l'univers m'envoie de l'amour romantique en plein dans les bras, et puis quand j'en ai marre d'être inactive, je suis à l'affut, aux aguets, en chasse presque. Je suis pas vraiment assise mais pas vraiment debout. Je suis pas vraiment active et pas vraiment patiente.

Et en fait ça me fatigue. J'ai encore des réflexes sur lesquels je dois travailler pour être bien avec moi-même avant d'accueillir plus d'amour dans mes bras, j'ai encore des peurs à creuser, je dois m'asseoir à table en tête à tête avec le rejet et lui dire quelques mots. Puis je crois aussi que le rejet à des choses à me dire.