lundi 15 juillet 2024

Mes atomes savent quelque chose que je ne sais pas.

J'ai quasiment pas fermé l'oeil de la nuit. 

J'étais trop excitée par la vie.

Les gens les endroits les choses.

Tout s'était aligné. J'étais arrivée au squat avec mes cookies, ma gentillesse un peu gênée au bout des lèvres. Mes atomes avaient passé la journée à bourdonner, ils savaient que j'allais être au bon endroit au bon moment.

Bien sûr que tous les enfants ont tourné autour de moi comme des abeilles. Bien sûr que tout était naturel pour moi, comme si j'étais venue mille fois avant. 

Je crois que je devais être là hier soir. Devant cet écran entouré de toutes ces personnes, la petite T. sur les genoux comme si elle m'avait connue toute sa vie.

Et sur le chemin de la maison, mon appartement à moi seule maintenant, à parler et écouter la différence et similitude des choses qu'on vit.

Ma conclusion c'est que j'ai plus envie d'être amoureuse, plus jamais, même dans un futur lointain. Mais l'univers a décidé que j'allais aimer les gens les endroits et les choses. Et moi-même.


Tout est aligné.



mercredi 10 juillet 2024

Le mythe de Cassandre






J’ai commencé le deuil pendant la relation 

Comme Cassandre j’ai vu le futur venir et je me suis pas crue

Jme suis accrochée à toutes les solutions possibles

A toutes les couches de compromis

Je veux plus avoir de personne préférée

Ça s’arrête avec elle, ou alors ce sera moi. Y’aura plus de lettres à un futur amour, parce qu’en fait je crois que c’est ok qu’il n’y en ait plus jamais. Cette personne hypothétique s’est matérialisée en elle, et c’est fini. Y’a plus. Notre espace-temps était limité, il est peut-être encore plus beau comme ça.





samedi 6 juillet 2024

Dans le 81




Il est minuit je suis dans le tram 81. Il fait tout le chemin de notre relation. Il commence vers son ancienne coloc, passe par vers mon ancien appartement et je descends chez nous qui devient chez moi.


Y’a des jeunes étudiant.e.s bourré.e.s y’a moi tout devant un peu pompette à cause du cava improvisé y’a un type qui titube devant moi il est minuit une on est un peu samedi un peu dimanche.


J’écoute une playlist que j’écoutais plus, celle que j’ai créée pour marcher la nuit. La nuit je marchais plus la nuit j’étais chez nous. Je sais pas ce que je préfère entre les deux au fond. J’ai tiré une carte de tarot qui m’a chuchoté que je peux laisser les sentiments contradictoires cohabiter, ma tristesse en bruit de fond. Le tram s’arrête on est à Flagey. Ma maison pendant trois ans, le décor de ma crise de quart de siècle. Ce sera pas pareil cette fois j’ai accumulé des couches de savoir. Jvais encore me tromper un peu probablement. Elle me manque quelque part dans le creux du coeur. Delta de odezenne se met à jouer. Il y a mille vies je ne la connaissais pas. J’irai bien à nouveau. Elle sera en périphérie peut-être.

« J’arrête les trucs à deux » me disent odezenne. 

Mais tatouées sur mes côtes, d’autres paroles de la même chanson

« Y’a du vent t’as qu’à vivre »

Elle va me manquer et je vais m’envoler quand même. 

Les deux peuvent coexister.



mercredi 3 juillet 2024

Time is a flat circle





J’ai fait un tour sur insta, de toutes les photos où j’étais taggée. Y’en a une où je lui demandais « omg on est instagram official? »

Nos débuts.

Y’a plein de copines qui effacent leurs exs de leur grille de photos. J’en ferai pas partie.

Le serpent se mord la queue, je sais pas comment l’appeler. Je l’appelle pas par son prénom c’est trop distant. J’hésite à encore lui donner des surnoms d’amoureuse. Je l’appelle par un surnom un peu random. Comme au début. Quand j’osais pas encore et qu’une armée de papillons logeaient dans mon ventre. Ils sont où maintenant? C’est quoi leur espérance de vie? When loves is gone where does it go ont chanté les arcade fire. Il va partir où l’amour? Il est encore là il se cache un peu. Il a peur je crois. 



dimanche 7 janvier 2024

Dans la file de la friterie

 Samedi soir une scène tout droit sortie d'un court-métrage a pris place devant mes yeux dans la file de la friterie.


J'avais pas mis mes écouteurs, je regardais mon chien du coin de l'oeil pour qu'il n'aille pas chaparder une frite, et j'écoutais autour de moi voir s'il y avait quelque chose d'intéressant à se mettre dans l'oreille.

Devant moi un couple de jeunes anglais qui réfléchissaient à quelle sauce prendre.

"Andalouse?"

Moi j'allais prendre samouraï.

La fille se tourne vers son mec et lui sort une phrase construite au fur et à mesure qu'elle réfléchissait

"You know, how when people are kids, they want to become things...things they don't...they end up doing other things."

(tu sais, quand les gens sont enfants, iels veulent devenir quelque chose...quelque choses qu'iels ne...iels finissent par faire autre chose)

Leurs visages étaient éclairés par les néons de la friterie, mon chien essayait de regarder dans le sac de course du mec adossé au mur qui portait une écharpe de l'Union de Saint-Gilles et mon cerveau a trouvé ce moment mi poétique mi cinématographique et 100% réel.

Je pense que son mec ne comprenait pas trop où elle voulait en venir. Je me suis mordue la langue pour ne pas "faire un Dimitri" (si vous connaissez mon papa/si des gens lisent encore ici, vous savez) et je ne me suis pas immiscée dans sa reflexion mais elle avait raison et je comprenais ce qu'elle voulait dire et je comprenais son regard dans la vague de la personne qui se demande "mais qu'est-ce que c'est être adulte ne sommes nous pas en fait des enfants sur les épaules les uns des autres dans un grand manteau?" (ou 3 ratons laveurs, si tu me lis je t'aime).


Quand j'étais petite je voulais être maman. C'était écrit, dans mon carnet rose barbie, avec l'écriture tremblotante de mes cinq ans. "Quand je serai grande, je serai: ....maman..."

Couleur préférée: "Rose pale"

Flash forward, 31 ans le mois prochain, co-mère d'un chien avec mon amoureuse et mère en intérim pendant 5 minutes pour copines en crise existentielle qui me demandent les mêmes conseils qu'à l'adolescence.

Puis j'ai voulu être archéologue. J'ai fini par étudier ça par curiosité plus qu'autre chose et par en avoir marre et finir quand même, à bout de nerfs, le cerveau cramé par l'académique.

Et puis rock star. Ma guitare électrique prenait la poussière chez ma mère. Elle prend maintenant la poussière dans mon salon (si tu me lis, laisse la guitare je te JURE je vais en faire j'ai juste pas dit quand je t'aime merci).

Et puis à partir de la fin de l'université faire et être se sont mélangés dans mon cerveau et se sont à nouveau séparés et je ne suis pas ce que je fais et je ne fais pas ce que je suis.


Faire et être c'est pas la même chose.


J'espère que je vais recommencer à écrire souvent. Mon cerveau ne promet pas.

lundi 3 avril 2023

Ah oui il faut un titre

 J'ai dit à mon psy "Je vais tellement bien que je n'ai plus peur d'aller mal".


Comme si toutes les facettes de mon être avaient le temps de s'exprimer, aucune n'est muette, tout le monde parle chacun à son tour à quelques nanosecondes de différence, certaines voix se couvrent l'une l'autre un certain laps de temps mais tout le monde est là. Personne n'est dans sa grotte, personne n'a bousculé les autres pour prendre le devant.

Avec le recul je sais pas trop ce qu'était l'élément déclencheur de tout de chamboulement, heureusement comme toujours y'avait du beau dedans (surtout toi, tu vas le lire je le sais et je vois déjà ta petite moue), peut-être que c'était saturne peut-être que c'était la fin de ma vingtaine tombée dans le gouffre du covid peut-être que c'était tout qui bougeait très fort partout après deux années sur pause. En tout cas beaucoup de quilles sont tombées par terre, certaines vont rester au sol parce qu'elles n'ont plus d'utilité et d'autres vont pousser comme des fleurs.


Bref je vais très bien je vais même très bien et je pense que c'est important que je l'écrive même si ça ne va pas rester à postérité parce qu'un jour tout va disparaître, et tous les mots du monde aussi.


Mais c'est assez réconfortant je trouve.

dimanche 25 septembre 2022

Un canette de vers de terre

 En anglais y'a une expression "opened a can of worms" et je sais pas quel est son équivalent francophone because i am so bilingue mais en gros ça veut dire qu'on a ouvert un pot/ une canette de vers de terre et qu'ya pas moyen de le refermer.


Alors je suis pas sûre d'avoir envie de refermer le pot. Je crois que je préfèrerais créer du vermicompost. Mais il se trouve que depuis mercredi, suite à une séance psy, y'a plein de vers de terre anxieux qui sont en train de gigoter. Alors c'est ok, ça arrive, mais j'ai l'impression que là elle a fouillé dans mon cerveau et elle a rien refermé et c'est moi qui dois le faire. Sauf que je lui ai demandé des outils et elle m'en a pas donné. Ca fait un certain temps que cette thérapie est devenue plus conversationelle qu'autre chose mais j'ai l'impression qu'elle n'est plus neutre, elle me connaît presque trop. Je veux pas entendre des "ah oui c'est vrai que tu fais beaucoup ça, faut éviter" oui ok super mais donne moi une boîte à outils stp.


Bref j'ai donc pris la décision de changer de psy. Ca fait un peu peur c'est comme se dire qu'on sort d'une amitié mais qu'on sait pas trop comment dire à notre ami.e qu'en fait ça le fait plus et qu'on veut se trouver d'autres potes. Mais en attendant, je vais pas rester avec tous mes vers de terre là comme ça, ça va pas hein. Je fais mes tites méditations j'inspire un deux trois quatre je retiens un deux trois quatre cinq six sept j'expire un deux trois quatre cinq six sept huit, pensée intrusive in, pensée intrusive out, le reste de la journée se passe, pensée intrusive dans le bus, pensée intrusive sort du bus, le temps passe, pensée intrusive dans la cuisine, je bois une gorgée d'eau, pensée intrusive out. Alors ça va je me démerde je prends note des pensées, qu'est-ce qu'elles sont? Ah oui des pensées. Pas la vérité. Ok ça va. Mais j'aimerais quand même bien qu'elles viennent me visiter moins souvent, c'est même pas les vacances en plus, elles font quoi elles posent un jour de congé?

Qu'est ce que je vais faire de ce compost après? De très belles choses en tout cas.