mardi 11 janvier 2022

L'équilibre

 



J'ai eu un petit reboot au matin du 1er janvier.

Une discussion nécessaire au sujet un éloignement amical que j'ai laissé se creuser malgré moi.

Parce que j'ai préféré cacher mon coeur qui bat, par habitude. Parce qu'avant ça se passait toujours mal. Réflexe d'un membre fantôme qui n'existe plus. Les larmes ont coulé mais elles ont hydraté notre amitié (toujours dans la métaphore qui percute n'est-ce pas).

Y'a des nouvelles données dans ma vie, et ça m'a demandé un petit ajustement, qu'en fait je réajuste encore. En avançant tous les jours avec le chant des oiseaux dans la forêt de mon cerveau.

Puis après j'ai eu une crise d'appendicite foudroyante qui a chamboulé pas mal de chose et engendré l'existence d'un groupchat mêlant mes parents, mes potes et ma copine, en voilà un bel équilibre.

En équilibre ma main dans la sienne (ou les deux, par dessus la table, comme les gens cliché au restaurant, par dessus nos ordinateurs), puis des jours seules, ma propre main dans la mienne, pour avoir le temps de se manquer (je sais que tu vas lire, et je te fais un bisou sur ton nez), le temps de toujours me connaître, d'être une femme forte et indépendante, qui a sa vie et ses projets, mais qui fait quand même des playlists à en faire pâlir Emily Dickinson.


Tout garde une aura d'aventure. Les histoires que je me suis racontée pendant 5 ans étaient fausses. Je ne suis pas impossible à aimer, romantiquement ou non, je ne suis pas plate et beige, je peux communiquer mes émotions, je sais faire des choses par moi-même,  et ma niaiserie ne m'empêche pas d'être une personne à part entière.


Ca va être très bien. C'est déjà très bien. Ca l'a toujours été, même quand le terreau autour de moi était si sombre que je ne comprenais pas qu'il serait fertile.





dimanche 12 décembre 2021

Obv(iou)s



Ce matin j'ai pleuré. De joie. De joie niaise.


Elle regardait son téléphone, elle cherchait comment nommer notre tricount, et, sur son baffle, elle avait mis une playlist que j'avais faite en pensant à elle. 

L'intro familière d'obvs de Jamie XX s'est lancée, et tout d'un coup c'était presque trop d'évidence pour mon petit coeur.

Ce morceau ça fait des années que je l'écoute et qu'il me fait penser au sentiment amoureux mais il n'a jamais été la bande son de quelqu'un. Il ne collait à personne. J'ai enfoui ma tête sous la couette. Elle a ri et l'a soulevée. "Mais, tu pleures?"

De plénitude oui. De calme après des tempêtes dans des verres d'eau. Je pleure parce que toutes les relations, aussi courtes furent-elles, dans lesquelles j'ai été me demandaient énormément d'efforts, que je faisais sans me questionner parce que je pensais que c'était sensé fonctionner ainsi. Je pleure parce que ça fait cinq ans que je ne faisais que courir après des gens qui voulaient pas de moi, que j'ai appris péniblement parfois à me donner plus d'amour à moi-même. Je pleure parce qu'après ce long travail, douloureux, j'ai réussi à comprendre que je me suffis et qu'un jour quelqu'un arriverait comme une cerise sur le gâteau. Sans grand bruit, sans fracas, sans quiproquo, sans discussions interminables sur "qu'est ce qu'on est", sans tempête dans un verre d'eau.

Je pleure parce que là, tout d'un coup , un dimanche matin, la chanson colle à quelqu'un.


Obvious.

lundi 29 novembre 2021

Raclette





Picture this: Y'a trois semaines je pleurais chez mon ex en lui disant que personne n'allait plus jamais avoir des sentiments réciproques envers moi.


And now picture this: Hier soir j'étais de nouveau chez lui, autour de la table avec plein de gens que j'aime énormément, et je tenais la main de quelqu'un. Et elle me tenait la main aussi. 



Je sais pas quoi dire de plus.

Quand elle me tient la main elle fait le truc du pouce.

On se tient la main quand on dort.

Et elle fait le truc du pouce.

lundi 8 novembre 2021

lettre à un futur amour part 5

Alors picture this:

Hier soir j'ai été pleurer chez mon ex et je lui ai parlé de toi. Enfin l'idée de toi. Je sais toujours pas qui t'es. Qu'est ce que tu fous d'ailleurs. Est ce que tu appartiens au passé et pas au futur? Est ce que tu es déjà venu.e faire un petit tour dans ma vie et maintenant c'est fini y'a plus qu'une étendue d'amour platonique? J'ai allumé mon ipod en pensant à toi, en me demandant où tu es et y'a come to me d'åtna qui s'est mis en aléatoire.
L'univers rigole bien je crois. Il me regarde en se disant que je suis naïve ou que sais-je. Je sais que j'ai encore des leçons à apprendre et que c'est pour ça que t'es pas là. Ou alors tu l'as été mais vu que j'étais pas prête ça n'a pas marché.

T'es où putain il fait froid.

mercredi 3 novembre 2021

Pas d' heure pour la tristesse.





 La tristesse est entrée par la porte de ma chambre vers 11h30 ce matin.

C'est ma faute j'avais pas fermé la porte. Puis naïvement je pensais encore que la tristesse vient la nuit parce que le soleil lui fait pleurer les yeux, et que par vengeance elle veut s'installer dans les miens.

Tout d'un coup le nuage blanc qui flottait au dessus de ma tête depuis deux semaines s'est gonflé d'eau et est tombé à mes pieds.

Je suis en train de me remettre dans une situation qui va être complexe à naviguer. On prend des gens différents et on recommence. J'ai beau réagir plus vite qu'avant, je continue à aller vers des personnes qui me disent clairement qu'on n'est pas dans le même futur. Et moi j'hoche la tête et je suis vraiment prête à être autre chose et puis le long de la route le costume que j'avais fabriqué pour l'occasion tombe et je me trouve vulnérable en plein chemin, et la personne continue sans moi. Ou en tout cas pas avec moi.

Et deux fois la même situation en quelques mois c'est un peu beaucoup pour quelqu'un qui navigue tout en ne sachant pas vraiment lire une carte. Je peux naviguer une mer à la fois. Mais pas deux. Je crois qu'il va falloir que je parle avec celle qui a soufflé ce petit nuage blanc en direction de ma tête. Ou alors elle n'a rien fait du tout et c'est moi qui suis convaincue qu'elle a créé ce petit nuage.


Je réagis plus vite qu'avant mais y'a pas d'heure pour la tristesse.

dimanche 24 octobre 2021

La montagne et la mer





"Si tu pouvais regarder par la fenêtre et avoir n'importe quelle vue, ce serait quoi?"

J'ai même pas réfléchi et j'ai répondu à ma grand-mère que je voudrais voir la montagne. Être dans la montagne. En faire partie, comme un caillou. Le petit caillou de compagnie de la montagne.

Elle a dit qu'elle voudrait voir la mer par sa fenêtre. 

Elle m'a dit que je réfléchis trop à mes sentiments. Elle m'a dit qu'elle me verrait bien avec une fille "féminine, un peu comme toi." Elle m'a fait à manger et m'a parlé de son psy qui lui a dit "C'est une autre vie maintenant. Et qu'est-ce que vous allez en faire?"


Qu'est ce que je vais en faire, de la mienne, là maintenant?

Les mots de la bouche des gens que j'aime, ceux de ma psy, des astres et des cartes de tarot me disent que j'ai fait un long chemin. Je sais qu'il n'est pas fini et maintenant je sais qu'il n'a pas de fin, enfin, pas de but précis mon chemin. Avant je voulais qu'au bout du chemin il y ait quelqu'un qui m'aime romantiquement. Mais en fait mes besoins d'amour (bonjour Lorie) sont déjà comblés. Moi j'ai un squad qui pétille, qui marche au ralenti en arrivant en soirée, j'ai plein d'amour dans mes poches, qu'on m'a glissé dedans ou que j'ai moi-même laissé traîner là. Le froid s'installe mais le soleil est toujours là pour embrasser mes paupières. Je m'attache de façon anxieuse à des gens qui évitent l'attachement. Je me raconte des petites mythologies dont j'espère changer la fin quand ces personnes changeront d'avis. Mais j'ai plus trop envie de me raconter des histoires en espérant changer la fin de la toute première. Des gens vont encore m'abandonner. Et c'est pas grave.

Les gens sont des petites vagues et laissent quelque chose dans l'écume. Y'aura toujours les montagnes, y'aura toujours les vagues, y'aura toujours les baisers du soleil sur mes paupières.

dimanche 17 octobre 2021

Un an pile.




Il y a un an pile, le dimanche en fin d'après-midi je suis arrivée en larmes chez mes parents, parce que mon petit coeur venait d'être brisé (à 95% par moi-même).

Ce matin j'ai somnolé, joui, fait des pancakes pour moi et quelqu'un, tout comme il y a un an, mais pas avec la même personne, et pas dans le même état d'esprit.

Puis j'ai été frapper à la porte de chez mes parents. Mon papa m'a ouvert la porte, encore en pyjama, et est retourné se coucher. Ma soeur et sa maman étaient dans la salle de bain, j'ai été m'allonger sur le lit parental entre mon père et le chat endormi,  et je lui ai débriefé mon week-end en une seule phrase.

"J'ai dormi avec un garçon cette nuit.  C'était sympa mais...Je crois que je préfère les filles, en fait." (en vrai je voulais dire que je préfère coucher avec des personnes à vulve  parce que genre =/= appareil génital mais j'y vais mollo dans l'éducation de mes parents, là ils sont en train d'apprendre les pronoms neutres)

Ma soeur nous a rejoints et nous a raconté des sottises qui ont secoué nos corps de rires, puis ma belle-mère est venue se percher sur le bord du lit. Quand je pense qu'il y a un an je pleurais sans pouvoir m'arrêter. 


Quand je pense que vendredi soir je dansais seule dans un salon avec une fille aux mains aussi douces que son sourire, que samedi j'ai passé la nuit dans les bras d'un ancien amant, et que là, seule dans mon salon, mon salon à moi de mon appartement, mon vrai de vrai où je vis seule, j'ai l'impression que l'Univers a encore fait un de ses tours de passe passe. J'ai pas regardé pendant un moment, j'ai perdu le jeu de vue, et hop. Transformation.


En un claquement de doigts, à chaque fois. Je regarde, je regarde pas. Et hop. Transformation.