lundi 16 mai 2022

Sous le vent

 Dimanche soir j'ai clôturé un week end que j'ai mis dans ma liste mentale des moments merveilleux (qui sont vraiment nombreux, dites donc) par un concert de Pomme et Safia Nolin dans une église.

Pendant qu'elles accordaient leurs guitares et que le son flottait du métallique au grâcieux je me suis rendue compte que pendant longtemps j'étais en train d'accorder mes instruments, mais que je savais pas trop vers quoi j'allais. Et qu'avant de jouer mélodieusement faut un peu se chercher, et que c'est normal et pas grave. Que des fois encore j'aurai l'impression d'accorder les sons et que c'est pas grave. 

Que des fois mes émotions vont encore déborder et que je peux les maîtriser tout en les laissant exister. Que c'est pas parce que je rationalise mes moments anxieux que je dois arrêter de me laisser ressentir les choses.

Le soleil passait à travers les vitraux, j'étais entourée de mes amies les plus proches et de mon amoureuse, Pomme et Safia chantaient sous le vent, l'espace temps n'existait plus vraiment et toutes les Meredith de toutes les époques étaient assises dans cette nef et se tenaient la main, fort.


Y'a quelques années j'aurais jamais cru avoir la vie que j'ai maintenant. Je l'imaginais même pas dans le champ des possibles. Et pourtant j'étais là, dans cette église. Et Pomme et Safia chantaient sous le vent.

Et j'ai pleuré, un peu.





mercredi 6 avril 2022

Nuit: tombante
Pluie: fine
Frites: croustillantes
Tram: dans 10 minutes
Niaiserie: exponentielle 
Agenda: rempli

Je marche sous cette pluie avec des frites dans mon sac, le coeur qui danse toujours en fond sonore avec le chant des oiseaux qui battent des ailes comme ses cils sur lequels elle met du mascara assise sur le rebord de la baignoire le matin (longue phrase descriptive, honoré de balzac who), je saute dans le tram, mes quartiers préférés de Bruxelles défilent et vont me mener chez moi, le chez moi fouillis mais mignon, un peu comme moi je suppose, dans les rues y'a des gens qui sourient et qui pensent au printemps. Je pense aux belles choses de maintenant d'hier de demain au lieu de laisser mon cerveau faire des images hollywoodiennes dramatic tragico irréalistes, l'anxiété et moi maintenant on se fait plus souvent des signes de tête polis que de se battre au corps à corps et je crois que c'est mieux comme ça.


dimanche 6 mars 2022

Arrête de râler

Je me mets trop la pression. J'ai peur d'être anxieuse et je provoque l'anxiété. A force de crier au loup il arrive. Et il est de mauvaise humeur. Et il la crache à travers mes doigts qui écrivent des messages râleurs, ma bouche impatiente et mes yeux qui se mouillent encore plus vite que d'habitude.
Face à moi une amoureuse et des amies que mon cerveau anxieux a peur de décevoir. 
Les scénario catastrophe ne deviennent pas réels et pourtant une partie de mon cerveau est sur le qui vive comme un petit animal qui a peur de tout. 

Je sors de ma tête et j'essaie de faire plus attention à ce qui est vrai.

Les chorégraphies sous les reflets d'une boule disco dans un salon festif. Les rires dans la soleil d'hiver qui se mue en printanier. Ses câlins et son parfum. Mes blagues lancées depuis la banquette arrière de la voiture. Les verres de vin un peu hors de prix un dimanche soir.  Les odeurs les bruits les goûts les sensations. L'amour aussi. Il est très vrai lui.

lundi 21 février 2022

Le futur qui n'existe pas.

Dans ma tête parfois il n'y a aucun conditionnel. Juste du présent très négatif qui devient un futur très agressif.

Je suis nulle et tout le monde va me détester.
Je suis une horrible personne et tout le monde va m'abandonner.

Mais ce présent il est faussé par un futur qui n'existe pas.

Ce qui existe et éclipse petit à petit le futur qui devient présent, c'est moi.

Moi qui danse sur n'importe quoi avec le même enthousiasme, moi qui fait des blagues sur le palier avec des inconnu.e.s comme si je les connaissais, moi dans le salon à 4h du matin en train de faire un papillon en papier.

Et ce qui existe très fort, c'est elle.
Sa main dans la mienne.
Tous les temps du monde qui se mélangent.
Avec un futur qui existe. 

mardi 11 janvier 2022

L'équilibre

 



J'ai eu un petit reboot au matin du 1er janvier.

Une discussion nécessaire au sujet un éloignement amical que j'ai laissé se creuser malgré moi.

Parce que j'ai préféré cacher mon coeur qui bat, par habitude. Parce qu'avant ça se passait toujours mal. Réflexe d'un membre fantôme qui n'existe plus. Les larmes ont coulé mais elles ont hydraté notre amitié (toujours dans la métaphore qui percute n'est-ce pas).

Y'a des nouvelles données dans ma vie, et ça m'a demandé un petit ajustement, qu'en fait je réajuste encore. En avançant tous les jours avec le chant des oiseaux dans la forêt de mon cerveau.

Puis après j'ai eu une crise d'appendicite foudroyante qui a chamboulé pas mal de chose et engendré l'existence d'un groupchat mêlant mes parents, mes potes et ma copine, en voilà un bel équilibre.

En équilibre ma main dans la sienne (ou les deux, par dessus la table, comme les gens cliché au restaurant, par dessus nos ordinateurs), puis des jours seules, ma propre main dans la mienne, pour avoir le temps de se manquer (je sais que tu vas lire, et je te fais un bisou sur ton nez), le temps de toujours me connaître, d'être une femme forte et indépendante, qui a sa vie et ses projets, mais qui fait quand même des playlists à en faire pâlir Emily Dickinson.


Tout garde une aura d'aventure. Les histoires que je me suis racontée pendant 5 ans étaient fausses. Je ne suis pas impossible à aimer, romantiquement ou non, je ne suis pas plate et beige, je peux communiquer mes émotions, je sais faire des choses par moi-même,  et ma niaiserie ne m'empêche pas d'être une personne à part entière.


Ca va être très bien. C'est déjà très bien. Ca l'a toujours été, même quand le terreau autour de moi était si sombre que je ne comprenais pas qu'il serait fertile.





dimanche 12 décembre 2021

Obv(iou)s



Ce matin j'ai pleuré. De joie. De joie niaise.


Elle regardait son téléphone, elle cherchait comment nommer notre tricount, et, sur son baffle, elle avait mis une playlist que j'avais faite en pensant à elle. 

L'intro familière d'obvs de Jamie XX s'est lancée, et tout d'un coup c'était presque trop d'évidence pour mon petit coeur.

Ce morceau ça fait des années que je l'écoute et qu'il me fait penser au sentiment amoureux mais il n'a jamais été la bande son de quelqu'un. Il ne collait à personne. J'ai enfoui ma tête sous la couette. Elle a ri et l'a soulevée. "Mais, tu pleures?"

De plénitude oui. De calme après des tempêtes dans des verres d'eau. Je pleure parce que toutes les relations, aussi courtes furent-elles, dans lesquelles j'ai été me demandaient énormément d'efforts, que je faisais sans me questionner parce que je pensais que c'était sensé fonctionner ainsi. Je pleure parce que ça fait cinq ans que je ne faisais que courir après des gens qui voulaient pas de moi, que j'ai appris péniblement parfois à me donner plus d'amour à moi-même. Je pleure parce qu'après ce long travail, douloureux, j'ai réussi à comprendre que je me suffis et qu'un jour quelqu'un arriverait comme une cerise sur le gâteau. Sans grand bruit, sans fracas, sans quiproquo, sans discussions interminables sur "qu'est ce qu'on est", sans tempête dans un verre d'eau.

Je pleure parce que là, tout d'un coup , un dimanche matin, la chanson colle à quelqu'un.


Obvious.

lundi 29 novembre 2021

Raclette





Picture this: Y'a trois semaines je pleurais chez mon ex en lui disant que personne n'allait plus jamais avoir des sentiments réciproques envers moi.


And now picture this: Hier soir j'étais de nouveau chez lui, autour de la table avec plein de gens que j'aime énormément, et je tenais la main de quelqu'un. Et elle me tenait la main aussi. 



Je sais pas quoi dire de plus.

Quand elle me tient la main elle fait le truc du pouce.

On se tient la main quand on dort.

Et elle fait le truc du pouce.