mardi 21 juillet 2026

La machine à remonter le temps

Le soir du bal national c'est ma machine à remonter dans le temps. 

Le 20 juillet 2024 j'avais encore les yeux qui se remplissaient facilement de larmes et j'étais entourée des copains place du jeu de balle, surtout pour éviter mon ex amoureuse qui était en train de faire des cartons chez nous qui devenait chez moi et mon esprit n'était pas du tout à la fête.


Le 20 juillet 2025, j'ai entraîné un copain par le bras un peu plus loin des autres, en face du chaff, et je lui ai demandé si on rigolait ou pas, et si on allait rentrer ensemble. On est rentrés ensemble.


Le 20 juillet 2026 j'ai inspiré un grand coup quand je l'ai vu attablé devant le chaff avec sa nouvelle copine alors que y'a quelques mois on arpentait la place en date à deux.


Moi de 2024 se doutait pas qu'elle allait passer la nuit avec un copain après le bal de 2025, et moi de 2025 se doutait absolument pas qu'elle allait avoir une histoire avec un autre pote après, et que ça allait lui briser le coeur accessoirement en 2026.


Et je me doute pas de tout ce qui va se passer d'ici le bal de 2027.

J'ai hâte de regarder ce jour ci et de me dire en souriant que je me doutais de rien.

dimanche 14 juin 2026

La porte est fermée

 






Son visage s'est tendu quand mon meilleur ami a mentionné la meuf qu'il voit. Il a pas regardé dans ma direction, j'ai senti mon corps se figer. Fallait bien que ça arrive à un moment, fallait bien que lui il avance, fallait bien que quelque chose de concret se passe pour l'un ou l'autre.

Plus tard à table en terrasse il m'a demandé si c'était ok qu'il parle de sa vie sentimentale devant moi. J'ai dit que oui, j'ai parlé de la mienne à lui et un autre pote. Que ma situation avec elle m'avait mise en sens inverse d'habitude, que jme suis trouvée face à quelqu'un qui me kiffait plus que moi je ne la kiffe, que ça m'avait fait bizarre et que ça avait un peu changé ma perspective.

Le lendemain matin jlui ai envoyé un message pour lui dire que ça m'avait fait du bien, que pour être honnête j'étais encore un peu accrochée parfois et que là ça avait mis un point. Il a mis longtemps à répondre au message, un truc un peu plat mais gentil, mais s'il avait été plus dans l'émotion il aurait rouvert la porte. La porte est fermée. Y'a plein d'autres portes.

Hier j'avais besoin de dépenser toute mon énergie perdue des dernières semaines ou mon problème aux ovaires m'a épuisée, je sentais que ça bouillonnait j'avais envie de danser rire draguer des inconnus, j'ai dansé ri dragué des inconnus. 

Aujourd'hui on s'est regroupés à Boitsfort pour les 4 ans du petit, j'ai énormément ri, décidé que si je veux tenir le rythme social de l'été je vais pas boire d'alcool en semaine parce que j'ai plus vingt ans et la fatigue c'est déjà assez, pas envie des micro gueules de bois et leur vibration anxiogène, puis une nouvelle copine que je voyais que la deuxième fois de ma vie m'a dit que j'étais lumineuse et solaire et c'est le compliment qu'on me fait le plus ces temps-ci. Lui il me l'avait fait et je me rends compte que beaucoup de gens me voient comme ça et en fait..ben jle suis. 

L'été va être bien. La vie va être bien. Même quand j'ai peur du futur et de tout ce que je contrôle pas. Même quand j'ai peur de me réveiller dans quelques années entourée de gens amoureux qui ont toustes des gosses sauf moi et de finir seule. 

Parce que c'est pas vrai, jle suis jamais.

jeudi 14 mai 2026

Lettre à un futur amour part 6

Ah ça fait longtemps que je t’ai plus écrit hein. 

Y’avait pas besoin parce que tu étais dans le présent maintenant t’es dans le passé, enfin dans le corps de quelqu’un d’autre donc tu reappartiens au futur. Ou peut être que j’ai épuisé mon quota. Ou peut être que t’es là encore un peu mais dans le non réciproque et tu vois pas l’amour qui est tombé à tes pieds (parce que je te l’ai pas dit) (parce que tu veux pas le recevoir de ma part) (parce que tu veux pas voir) (parce que parce que parce que)


Je pensais que j’étais prête peut-être que je l’étais pas tant que ça peut être que j’ai un peu plus peur qu’avant je sais pas très bien pourquoi


Si tu viens pas genre plus jamais tu veux bien me le dire?

Comme ça jsuis sûre de pas espérer. Espérer ça pique ça laisse un trou béant et je le remplis avec plein de vie, de la vie qui fait beaucoup de bruit parce que j’ai pas envie de découvrir ce que je pense.

Viens ou viens pas.


Mais reste pas sur le pas de la porte, tu promets?

lundi 27 avril 2026

La vie est une pièce montée

 



Les projecteurs se sont éteints, le public s'est levé et a commencé à applaudir et j'ai commencé à pleurer. Assise au premier rang je me suis dirigée pour tenir les mains des artistes pour le salut en tant que membre de l'équipe du projet. C'est la première fois que je pleure à la fin d'un projet du taff, c'est la première fois que je me suis sentie aussi connectée à quelque chose que j'ai fait professionnellement. Ma soeur a couru sur scène pour me faire un calin quand le public a commencé à se dissiper. 

Sur la piste de danse entourée des artistes et autres membres de l'équipe du projet, des jeunes, des vieux, des inconnus, des familles, des amis j'ai dansé et sauté dans tous les sens, avec Noémie on a appris aux ados à faire un pogo sur nirvana, jsuis rentrée chez moi j'ai écrit dans mon journal intime que c'est ça la vie en fait la vie c'est créer ensemble. Je pensais que c'était l'amour le truc le plus proche de la magie mais en fait c'est l'art aussi jcrois.

Dimanche avec Andrea on a passé des heures à commencer à fabriquer les bases de notre fusée qui ira peut-être suivre notre plan sur la comète. La chute de l'adrenaline a pris le dessus j'ai fini ma journée en sieste et j'ai débarqué chez mes parents avec une trace d'oreiller sur la joue, mon père m'a ouvert la porte et m'a dit "t'as fait la fête?". Ah ça.

Après le repas jme suis glissée dans le lit de ma soeur à écouter ses secrets et ricaner ensemble, complices comme quand elle était plus petite.

En rentrant chez moi j'ai tourné le coin et comme à chaque fois l'horizon me rappelle qu'il est juste de l'autre côté du parc. Jme demande s'il se dit la même chose des fois.

Vendredi soir quand j'étais en train de parler de lui au bar, il est apparu à la porte avec d'autres copains. Il a passé son bras autour de ma taille et l'y a laissé quand on conversait à trois dehors, parce que c'est tout naturel. Parce que y'a encore un truc, un truc jsais pas quoi j'ai pas le mot parce que je sais pas ce que c'est et lui non plus sûrement. Et ça va passer. Parce que moi jveux quelqu'un qui me tienne la main. Devant tout le monde. En plein jour. 

lundi 6 avril 2026

Le retour de l'élastique

 Ca faisait quelques jours que je me rendais compte que petit à petit il quitte mon esprit. Le moment où il traverse mon cerveau (sans regarder sûrement, en pensant qu'il a priorité) arrive de plus en plus tard dans la journée.

Et là bim, hasard, juste un petit coeur dans les notifs, chose qu'il a jamais faite, je le vois quasiment à l'instant où il le fait.

Et la notif disparaît. Quiproquo 2.0, bug de l'appli, ou lui qui a glissé son pouce sans le vouloir sur l'écran puis qui a regretté son geste.

Je sais pas quel était le truc mais en tout cas ça m'a renvoyée en arrière. J'ai escaladé une partie de la montagne et putain mon pied a glissé et jsuis quinze mètres plus bas alors que je venais de passer un putain de dénivelé.


J'aime pas l'escalade en plus j'ai le vertige.

Laisse moi vivre ou laisse moi t'aimer dit Florence du coup ben LAISSE MOI VIVRE PUTAIN j'ai même plus envie de t'aimer (mais mon ego veut autre chose, ça va passer)




jeudi 19 mars 2026

lettre à un (redacted, parce qu'on sait pas)

Je veux plus parler de toi

J'ai ressenti des trucs pour toi que j'avais pas ressenti depuis des années

Je veux plus parler de toi

Du coup je suppose que la bonne nouvelle là dedans c'est que je peux encore ressentir des choses

Mais j'aimerais bien ne plus les ressentir pour toi

Je veux plus parler de toi

Je veux plus qu'on s'évite mais on va pas pouvoir être amis là

Et tout le monde me fait penser à toi même quand t'es pas le sujet

Je veux plus parler de toi

Et jsuis triste que tu sois triste mais du coup ta tristesse elle a fait effet domino et maintenant c'est moi qui le suis

Je veux plus parler de toi

lundi 9 mars 2026

Pas la première ni la dernière

 Assis à la terrasse du bar où on a eu des rendez-vous de potes aussi bien que certains de nos dates et baisers on a sorti quelques mots vulnérables et la conclusion est un peu la même, un peu bancale.

C'est le timing plutôt qu'autre chose, mais ça veut pas dire qu'il faut que je me projette ou que j'attende. Et pourquoi est ce que j'attendrais quelqu'un qui peut me donner que des miettes (malgré lui)? 

Jlui ai dit que ça irait, ça irait parce que ma vie est super. Je suis entourée d'amour tout le temps. Vendredi soir quand j'ai senti la montée de la drogue il est appary derrière moi comme si l'univers voulait radoucir le moment où on se verrait pour parler. 

Ce soir il m'a dit qu'il arrivait pas à me regarder trop dans les yeux. J'avais la même chose. C'était pas de la gênte je crois mais plutôt la connexion encore intense qui essayait de se frayer un chemin dans nos mots. Mais les mots ont dit qu'on en reste là et que c'est pas possible.

J'ai chialé à quelques pas de chez moi quand Sarah a proposé de m'appeler. J'ai chialé encore au téléphone avec Marine. Je chiale parce que lui, je chiale parce que moi, je chiale parce que j'en ai marre de tout le temps aller vers des gens qui peuvent me donner que des miettes, j'en ai marre de vouloir quelque chose dont j'ai peur.


Jlui ai dit "c'est pas la première fois que ça m'arrive et sûrement pas la dernière...mais j'espère que c'est la dernière parce que j'ai la flemme putain".

Il a dit que lui aussi il a la flemme.

On a peur mais pas de la même chose.

Grandir ça fait mal putain.

dimanche 1 mars 2026

nids




Extérieur nuit, Bruxelles sous la pluie, dans la nuit de vendredi 27 à samedi 28 février vers minuit trente après avoir eu un peu les larmes aux yeux dans le bar.

 Jsuis rentrée a pied pcq je voulais pas prendre le métro

Mais aussi pcq jm suis dit que si je Rentre à pied peut être je te croise

Et pE ça fait trop mal et pE pas


À gauche puis à droite et c’est le bar où tu est mtnt et où moi j’étais y’a qq heures

Tout droit et à droite et à gauche et a droite c’est chez moi

Jvais chez moi 

En haut c’est vers chez toi

Jvais chez moi 


J’me rends compte que en fait je suis quelque chose de toi. Pas le truc des vrais trucs, mais un truc un peu


Le cœur brisé de schrodinger 

Tant que je te croise pas je sais pas dans quel etat t est mon cœur


Je t’ai pas croisé


Jsuis pas sensée te croiser, c’est ça hein?


Samedi avec encore une fois trop peu de sommeil dans le système je débarque chez un de mes frères d’une autre mère et son fils de 3 ans , on finit par tous taper une sieste dans le salon et j’avais l’impression d’être un animal dans un nid, parce que c’est ce qu’on est en fait. Je suis juste un animal et j’intellectualise tout mais les choses sont assez simples.


Le soir j'ai été à un concert avec ma soeur, on a regardé un film, j'ai été me coucher avant son sommeil d'ado et elle s'est glissée sous la couette et s'est collée à moi alors que le lit est super grand. Deux petits animaux dans un nid encore. Elle a quinze ans et de grandes ailes qui poussent mais par moments elle redevient toute petite.


Des copaines sont venu.e.s bruncher et papoter aujourd'hui. Je leur ai expliqué qu'il me manque même si c'était que un mois. Mais c'était pas que un mois en fait c'était des années de crush en sous-marin qui remontait parfois à la surface. Des années à avoir une idée de quelqu'un qu'il n'est pas, en fait. Ca me saoule ça me saoule ça me saoule et plus ça m'énerve plus je me débats pour que ça passe et plus ça me serre à la gorge. Je veux le croiser comme ça c'est fait mais je veux pas le croiser parce que ça va faire mal.


Je regrette un peu d'avoir pris la décision d'arrêter, même si c'était la meilleure chose à faire. Je voulais pas arrêter mais je voulais pas continuer. Arrêter c'est plus simple. J'ai mal maintenant mais j'aurai moins mal plus tard.


Mon cerveau rationalise que pas maintenant ça veut bien dire jamais, les cartes me disent que tout le monde ici est perdu, la lune brille fort et elle sait tout ce que je ne sais pas.


Y'a quelques temps je lui ai avais dit que j'ai du mal à pleurer. Il a dit qu'il espérait ne jamais m'y aider. Raté. Mais merci quand même je suppose.





 

dimanche 22 février 2026

pluie bonheur pluie bonheur





Le week-end m'a plu dessus, en bien.

Jeudi soir improvisé dans la maison d'enfance de mon meilleur ami avec sa famille, comme si j'avais une place attitrée à table, le gamin de son frère sur les genoux, ça tire les cartes à droite, ça lit une histoire au petit, ça rigole, ça se faufile entre deux chiens qui espèrent avoir une part de l'apero, ça rentre tard tard tard et ça doit se réveiller à 6h30 vendredi pour aller bosser sur un tournage avec les enfants du centre-d'accueil.

Vendredi froid froid fatigue rires avec le petit C. entre deux scènes, on fait des mots fléchés, il comprend pas trop le principe et crie des réponses qui ne sont jamais justes et on rit fort. Train retour je m'endors heureusement je descends au terminus, je repasse par la maison, rdv chez Quentin pour faire pré-soirée, j'me dis que peut-être qu'il sera là, j'espère que oui, j'espère que non. Il ne vient pas, le noyau dur est là, on dit des bêtises, on s'aime très fort, autant que le volume auquel on parle, les conversations volent dans tous les sens, un copain me dit qu'il lui a parlé de moi hier, j'ai envie quelque part entre le coeur et les poumons qu'il me veuille- et dans ce monde là moi jvoudrais pas de lui.

Mais c'est le cas inverse. Et tant pis. Et ça me passera.

Samedi matin pluie pluie pluie qui me réveille, tour en ville bredouille au magasin de musique, mais y'a un beau tag sur le mur là bas, y'a les dvd à 4€ au pêle-mêle et les conversations avec le vendeur du destock, la pluie sur les pavés le centre est si calme et moi jme sens bien, je rentre, pluie pluie pluie, je rentre jme change jme sape en blanc pour les 18 ans à thème de la fille d'une amie, ça ricane dans la salle des fêtes à l'autre bout de la ville, je danse avec une gamine qui a des airs de moi petite, son père me remercie pour le temps passé avec elle, moi je remercie l'univers pour tous ses tours de magie, jprends le 95 pluie pluie pluie j'arrive au restau rempli d'inconnus au chatelain avec ma pote qui clope devant, un verre de vin, pluie pluie pluie je rentre à la maison. 

J'ai mis un réveil parce qu'on s'est promis un brunch avec des copines, mes cernes ont des cernes et ma joie a de la joie, pluie pluie pluie, j'suis en facetime avec ma maman quand je rentre dans les restau, un london fog et du granola sans gluten plus tard et je rejoins une pote dans la file d'attente interminable d'un vide-dressing qu'on finit par abandonner pour aller au café en face pour parler de relations et de voyants parce qu'on est des meufs comme ça en fait. Pluie pluie pluie sieste dans mon canapé cookies dans le four, ma meilleure amie arrive, on debrief le mois qu'elle vient de repasser à Bruxelles avant qu'elle ne reparte mardi. 


Je suis extrêmement reconnaissante de tout ce qui se passe dans le joyeux déséquilibre. Les racines poussent et ne sont pas toujours stables mais elles sont là. Et il pleut.

dimanche 15 février 2026

Side quest sur side quest




La semaine m'a donné l'impression que j'avais fait un saut quantique dans le temps.


Est ce qu'assez de temps est déjà passé où bien est-ce que mon cerveau est en train de faire de la magie mélangé à des coping mechanisms remplis de dopamine? Trop occupée, trop en side quest que pour penser à la petite peine de coeur.


Mais la peine de coeur en était-elle vraiment une ou bien le bruit du coeur qui se fêle était-il plutôt celui d'un piedestal qui s'écroule? Est-ce que ça m'intéresse vraiment d'espérer quelque chose de la part de quelqu'un qui n'a pas tenu compte de mes limites et qui est quand même venu frapper à ma porte alors que je lui ai dit que j'avais peur de l'ouvrir? Mais je m'améliore dans le processus de sélection.

La prochaine étape c'est de ne plus accepter les miettes, du tout. Même pas un mois. Du tout du tout. Je lui en veux toujours pas parce que chacun à ses bagages et je me doute que les choses sont pas simples pour lui, mais jdois penser à moi.

Moi dans le retour du froid, moi qui croise mon ex pour la première fois depuis la rupture et qui finit au bar karaoké de mon anniversaire un jeudi soir à mettre en place des briques en espérant faire bouger la vie sentimentale d'autres personnes que moi, moi et ma meilleure amie qui me parle perchée sur ma machine à laver tandis que je me prépare à sortir, moi sur scène, moi qui dit "non jvais aller dormir avec une tisane" et qui finit en side quest à rire comme une baleine dans les transports en commun puis au lit à 4h du matin, moi avec encore peu de sommeil dans les pattes à faire du banana bread, moi dans mon pouf au téléphone à parler de grands sentiments et de petites choses.

Je sais pas c'est quoi la quêtre principale, je crois que je vais me concentrer sur les quêtes secondaires.

dimanche 8 février 2026

Lesson learned (????)

 




On prend ses classiques et on les révise


-ne pas rencontrer ses idoles (= ne pas assouvir le crush de longue date qui était très bien sur son piédestal au musée)

-pas maintenant ça veut dire jamais (= ça a pas marché donc ça marchera pas plus tard c'est pas une comédie romantique ici)

-pas les potes (= pas les potes des potes qu'on croise plusieurs fois par mois NON PLUS)

-ne pas aller vers les gens pas dispo (= ils vont pas le devenir en un mois et moi j'ai la patience d'un....truc pas patient)


Et qu'est-ce qui va se passer maintenant?

Maintenant c'est la chialade entrecoupée de beaucoup de bonheur et d'amour de ce week-end d'anniversaire, peu de sommeil dans les pattes, et les sentiments ambivalents se mélangent, ce qui est pas ma spécialité niveau gestion des émotions. Les émotions tranchées ça jconnais, ressentir des trucs opposés en même temps ça me fait buguer le cerveau.

Le soir de mon anniversaire au bar je regardais du coin de l'oeil la table bancale à laquelle on s'était embrassés quelques fois, entre deux fous rires jme rendais bien compte que normalement il aurait dû être là. J'ai encore une petite trace d'un de ses baisers bleutés dans mon cou. Et c'est fini entre nous. Et les mots bourrés de mon meilleur ami ont pas aidé "Il m'a dit qu'il avait peur et qu'il est pas prêt". Mais ça m'en fait une belle jambe putain j'aurais préféré la brutalité d'un "ça match pas avec toi" ou que sais-je. Du coup dans ma tête je me cantonne à ça.

C'est fou mais depuis que ça a commencé entre nous j'y croyais pas dur comme fer au fait qu'il serait là le soir de mon anniversaire. Je disais aux potes impatients de le voir "normalement il sera là mais on sait pas ce qui va se passer entre temps". Bah entre temps adossé au comptoir de sa cuisine il a dit des mots qui correspondaient pas aux miens. Et moi j'ai dit "Là jle prends chill mais si ça se trouve demain ça me stresse" "Si demain ça te stresse on en reparlera". Et demain est arrivé. Le jour de mes 33 ans. Et j'ai stressé. Alors j'ai dit que je voulais arrêter. Arrêter en mode contre uno encore une fois. Jle sentais arriver. Et jsentais qu'il le ferait pas lui.


J'ai super peur je flippe putain. Je flippe que ça traine à m'en remettre, j'ai peur que ça soit compliqué, j'ai peur de le voir avec une autre super rapidement et de voir vraiment que c'était pas une question de timing mais une question de moi, je flippe de m'auto saboter dans le futur, je flippe d'encore avoir plein de trucs d'un mois où je coupe le cordon, j'ai peur d'être seule, j'ai peur d'être avec quelqu'un.


Mais ça va aller. Ca ira toujours.


dimanche 25 janvier 2026

Piano va sano et un peu yolo





Objectivement je crois que c'est en train de bien se passer.

Ce que je sais aussi c'est que je suis quelqu'un d'intense pour qui y aller doucement est un challenge, et à qui il est arrivé tellement de configurations qui se sont terminées de façon plus ou moins nulles, que mon cerveau essaie de trouver du mauvais partout.

Ca se passe bien et du coup après ça va mal se passer. Ca se passe bien mais du coup et si, et si et si. Je sais que c'est pour me protéger que mon cerveau se met dans ce mode là de temps en temps, et c'est moins présent que dans les quelques relations précédentes. Mais j'aimerais bien que les voix se taisent et être totalement dans le présent. J'y arrive mieux, mais j'aimerais y arriver beaucoup mieux. Ca s'apprend tout comme on est en train de s'apprendre l'un.e l'autre.

C'est aussi agréable qu'étranger comme sensation, de me sentir 100% moi-même en sa présence et de pas être intimidée en allant vers lui.

Il me fait penser aux chansons pop punk que j'écoutais quand j'étais ado. Quand on parle on part en quêtes secondaires  pendant des heures et on se perd jamais de vue.

Y'a un monde où ça va continuer à se passer bien.

Et un autre où ça ira quand même, après.

J'aimerais bien m'autoriser à être dans la version où ça continue à se passer bien.

jeudi 8 janvier 2026

La tranche de la pièce





Jme sens comme Alex Turner quand il a écrit un mot pour Alexa Chung sur une serviette. Je repasse les moments où on s'est embrassés en boucle alors que c'était y'a 48h, ils deviennent déjà abîmés comme si je rembobinais trop un VHS. Les mots qu'il a dit avant qu'on s'embrasse ne changent pas par contre.

J'arrive à lui dire comment je me sens, comment je pense, ce que je veux pas et ce qui me fait flipper.

Et lui il me regarde avec ses yeux noirs et on dirait qu'il lit encore plus loin et ça me perturbe. C'est la première fois que quelqu'un qui me plaît m'explique comment iel me perçoit, ça m'est jamais arrivé avant.

On a parlé de nous, on a décidé que c'est mieux de pas aller explorer, puis finalement on a passé des heures ensemble et les dizaines de dernières minutes ont été passées à s'embrasser et rigoler.

Et qu'est-ce qui va se passer hein? Aucun des chemins que je me visualise. Parce que je ne contrôle pas la situation. Parce que même si je m'imagine déjà le pire c'est probablement pas ça qui va arriver. Et parfois je m'autorise à imaginer le meilleur et ce sera probablement pas ça non plus.

Mais autant d'années à me demander ce que ça ferait de tenter le coup c'était plus possible, alors j'ai laissé tomber un morceau de mon mur pendant que le barman rangeait les chaises du bar, nous signalant silencieusement qu'il était temps qu'on parte. Et nous on s'embrassait.


Je parlais déjà de lui ici il y a six ans.

C'est pas l'idée du siècle d'aller explorer ça, et le timing est toujours pas optimal n'est ce pas.

Mais si je le fais pas je vais regretter.

Et au pire ça fera un peu mal. Et au mieux ça fera très mal, mais plus tard.

dimanche 14 décembre 2025

Spasme au rayon laitage


 



Ce week-end entre encore dans le top des week-ends de ma vie. 


J'ai dormi 4h de vendredi à samedi ou plutôt de samedi à samedi après avoir fermé le bar karaoké.

Ca sert à rien que j'analyse tous les comportements que lui a eu avec moi cette nuit là parce qu'il s'en souvient même pas. Mais je garde tout l'amour et les câlins et les chants et mon coeur qui rayonne et les mots de leurs bouches qui me disent que ça se voit que je me sens bien. 

Après mes 4 heures avec morphée et des rêves complètement déglingués j'ai hâté le pas vers chez mon grand-père. Sa petite voisine m'a fait coucou par la fenêtre du rez de chaussée et c'est la première fois en vingt cinq ans que quelqu'un me fait coucou par cette fenêtre. Avant c'était mon arrière-grand-mère le mercredi. Je crois qu'elle aurait adoré mes histoires du bar karaoké.

Entre deux blagues dans les rayons du supermarché, flottant dans l'espace temps un peu flou j'ai vu un couple d'à peu près mon âge pendant que mon grand-père barrait quelque chose sur la liste de courses. Ils étaient assez stylés et cherchaient du yaourt et ils avaient l'air paisible de personnes qui faisaient leurs petites courses avant d'aller bruncher et mater un film et ça m'a foutu une réaction physique qui se rapprochait de la peur. Je sais pas si c'est un mécanisme de protection (surement) mais .........j'arrive vraiment pas à envisager une relation amoureuse. J'en suis même au stade où je me dis qu'il vaut mieux ne pas chercher à avoir de rapports intimes histoire de maintenir ma quiétude au max.


Ce matin j'suis partie à l'aventure dans les rues de ma ville à faire que des choses un peu improvisées et tout le monde était si gentil et je me sentais si heureuse de vaquer à mes occupations SANS PENSER A QUELQU'UN, sans avoir quelqu'un à la maison, sans savoir que j'allais voir quelqu'un après, juste moi et mon tote bag et le vinyle d'un groupe 70's que j'adorais enfant déniché à 15 euros et mon capuccino au lait d'avoine, sans même mes écouteurs, juste moi et la quiétude la vraie.


J'espère de tout mon coeur que ça restera toujours suffisant à mon bonheur. Une relation c'est une cerise sur le gâteau et qu'est-ce que ce gâteau est merveilleux putain.

mardi 11 novembre 2025

Freinage obligatoire

 En fait ça fait depuis mars que je cours dans tous les sens.

Le rythme est pas tenable et je vis à 200 à l'heure parce que je suis pas capabale de vivre plus lentement. Parce que si je vis plus lentement j'ai peur de m'embourber je pense. Pour moi lent ça veut dire le burn out et ça veut dire l'anxiété et ça veut dire la solitude profonde.


Mais c'est pas ça en fait. J'ai grandi j'ai des outils différents. J'suis capable au fond. Mais à chaque fois que j'ai ralenti c'est parce que mon corps m'y a forcée. Jme suis tapée une telle chute de tension hier que j'ai flippé, elle sortait de nulle part. Mais en fait j'avais fait quelque chose tous les soirs de la semaine, encore une fois. Et j'avais pas mangé le matin et j'ai fait trois trucs différents en deux heures. 

Aujourd'hui j'ai décidé de rester seule chez moi avec mon encre sur les mains et d'un coup mon coeur était lourd comme il avait pas été depuis des siècles dans mon infini.

Et si jme sentais physiquement mal tout le temps? et si en fait je finissais en burn out tellement je sais pas freiner avant le grand virage? et si en fait je faisais semblant d'être heureuse mais que je l'étais pas? Ca fait tellement longtemps que j'ai pas ressenti une émotion "negative" jme rends compte que le tapis est énorme et que tout est en dessous.


Toute cette année quand Marine me demandait "comment tu te sens?" j'étais incapable d'y répondre.

Vivante exaltée un peu trop dispersée dissipée hyper tout un tout petit peu déçue d'avoir encore été vers des gens avec qui je pensais que la fin de l'histoire allait être différente.

Un petit peu triste un petit peu effrayée et pleine d'espoir.


La seconde question sans réponse c'était "et qu'est ce que tu veux(de cette personne)?"

Qu'on m'aime et qu'on me rejette jamais jamais jamais, mais vu qu'on va le faire alors c'est moi qui coupe le fil de la relation dès que je sens qu'il s'effiloche. Est-ce que moi j'ai aimé ces gens? J'en ai même pas eu le temps tellement je courais. 

Et je veux être moi et rester moi avec tous mes morceaux et je veux plus me plier en deux trois quatre pour qu'on m'aime mais j'ai peur d'encore le faire.


Alors c'est mieux que je fasse rien.

Je crois qu'il est temps que j'accepte que je vais devoir un petit peu hiberner. Sans me forcer. Et écouter mes peurs au lieu de chanter plus fort qu'elles.

dimanche 2 novembre 2025

merci pour l'amour

J'ai nettoyé devant tous les pas de mes portes.

J'ai sorti plein de mes mots je les ai dénoués ils sont sortis de ma bouche et de mon cerveau emmêlé et même si je sais pas précisément ce que je veux, toujours plus je sais ce que je veux pas. 

Je passe souvent mes week-ends avec 5 h de sommeil dans les pattes. La fatigue m'enveloppe comme un calin. La nuit qui tombe l'après-midi ne me fait pas peur. Ca fait plus de nuit et moi j'adore la nuit. J'm'y sens comme un papillon nocturne qui a pas peur d'aller faire la fête avec des gens qu'il connait pas. Qui marche jusqu'à chez ses parents pour aller gratter de la bouffe un dimanche soir. Qui construit des amitiés solides avec des petits blocs et des cafés en gueule de bois.

Je crois que cette année avec mon coeur d'artichaut au temps d'attention bien court n'est pas encore arrivée à sa fin. Seule sur ma terrasse je regardais la lune et elle me regardait en retour. Seule mais jamais solitaire. 

Même mon corps j'arrive à l'aimer plus maintenant. Même avec ses morceaux un peu plus tendres. Même quand ma jupe préférée ne me va plus. Ce corps est très vivant et il en fait des belles choses. Il va encore en faire beaucoup.

Toujours l'automne joue au printemps avec moi. Alors je fleuris.

dimanche 19 octobre 2025

La zone grise

 




Plus rien ne veut rien dire et tout veut tout dire

Je flottille je rentre à pied octobre me mordille les extrémités

Je repasse devant mon ancienne maison

Où y’a le bar à vin où on s’était embrasses et ça voulait tout dire

Et là ça veut rien dire

Et toutes les années entre nous

Elles veulent tout dire et rien dire

Et lui qui me confie son ancien intérêt 

Cinq ans trop tard

Ça veut rien dire non plus

Et moi toute seule avec moi même  en train de rentrer à pied avec ma playlist de nuit à 2h du matin 

Et mes gnocchis qui m’attendent au frigo

Ça veut tout dire

Ou alors ça veut rien dire et rien c’est tout





Y'a bientôt neuf ans j'écoutais cette musique quand j'étais en pleine zone grise, on est 36 saisons plus tard et la zone grise m'a encore montré ses nuances. Le brouillard se dissipe bientôt mais je sais pas sur quel paysage il va se lever. On inspire un grand coup. Ca va aller.

dimanche 12 octobre 2025

sur le pas de la porte





Tous les gens qui nous connaissent disent que y’a un truc entre nous

J’sais pas ce que c’est

Un champ de fleurs une forêt une abîme une montagne une autoroute vide 

Peur d’ouvrir la porte et qu’il y ait rien derrière

Peur d’ouvrir la porte et qu’il y ait quelque chose

Je suis sur le pas de la porte

Y’a un courant d’air qui passe en dessous

Si je sonne tu réponds ou pas 

Y’a un truc entre nous

J’sais pas ce que c’est 




Je viens de passer un des meilleurs week-ends de ma vie avec des morceaux de tout dedans: de moi sur scène, des photomatons un peu bourrés, de confessions un peu marmonnées, de petites évidences qui grandissent, de nuit qui se termine à 3h sans que je m'y attende, de rupture de situationship qui stagne, de sagesse familiale, de sororité, de sagesse sur un bout de table chez aube, d'un nouveau pan de personnalité découvert à 5€ sur la brocante, des mots de kae tempest.


Et je t'ai même pas vu. J'ai écrit sur toi mais t'étais même pas là. Peut-être que bientôt je serai sûre de quoi te dire ou peut-être que je le serai jamais. Peut-être que tous les gens ils ont raison ou peut-être tort peut-être que comme dans les films ça existe peut-être que y'a un monde où on construit quelque chose peut-être que y'a un monde où t'es juste le coup de coeur que j'ai eu sous les combles y'a bientôt 9 ans.

mercredi 24 septembre 2025

Pythie qui ment

 




J'ai trop l'habitude d'avoir raison, mais d'avoir une raison que j'aime pas et que je provoque. La fin de l'histoire est toujours pareille et je sais pas très bien qui la cause au final.


En général au bout d'un mois la personne en face se retire doucement et je sens un changement dans les fils ténus qui nous lient et les filaments se détachent déjà dans ma tête avant même de le faire en vrai. C'est juste là je le sens sous mes doigts, je le sens tellement que ça devient vrai.

Et j'arrive plus à dire si c'est moi qui sais à l'avance, qui vois juste dans le changement de direction du vent et le bruissement des feuilles, ou bien si c'est mes idées qui me dépassent et par hasard elles sont vraies.

Là j'ai rien de tangible pour le prouver mais je sens que c'est fini déjà. C'est fini déjà parce que ça fait un mois. Et que au bout d'un mois tout le monde me dit que c'était sympa mais c'est pas tout à fait ça. Que moi je suis pas tout à fait ça. Je crois que je sais déjà ce qu'il va dire, ou peut-être que je sais pas, mais je sais pour sûr que les mots seront traduits par c'est pas tout à fait ça. Je sais pas c'est quoi le ça mais je le sens que c'est pas moi et qu'il sait pas encore comment le dire.

Alors les fées de l'autosabotage qui avaient innondé mon berceau de leur magie me donnent envie de prendre les devants, de dégainer mon téléphone, le machin rectangulaire qui me rend folle parce qu'il ne vibre pas, et de faire vibrer le sien avec un "je crois qu'on devrait en rester là". Contre uno je te devance.


Ou alors j'ai tort. Et c'est l'anxiété et c'est la peur de l'attachement et l'attachement à la peur et le spm et la fatigue et le froid qui commence à venir habiter sur mon parquet. Et est-ce que moi je veux de lui en fait en vrai et est ce que moi je me vois avec ou bien j'ai peur peur peur ou bien j'ai pas peur et je veux pas? 

Ou alors j'ai raison. Et j'ai raison et tort et tort et raison et mes doigts vont encore écrire tous ces mots raison raison raison tort tort tort et j'aimerais juste que les larmes coulent putain mais elles sont assignées à résidence j'ai plus de soupape via elles alors je pète un câble intérieur et rien ne sort. Tort raison tort. 

dimanche 7 septembre 2025

la fin de l'été qui court



Jme retourne je regarde derrière moi, les yeux plissés et je vois que depuis des mois je fonctionne à l'intensité et à l'adrénaline. Les moments calmes ont existé mais se sont fait rares. Cette semaine j'ai intensivement nettoyé mon appartement qui avait passé l'été un peu à l'abandon et je lui avais pas écrit de cartes postales.



Je regarde comment je me sentais l'été dernier, je regarde tout le chemin que j'ai fait. Mon psy m'a dit que je mérite toutes les gomettes.

Y'a tellement de choses qui ont changé et je me rends compte d'à quel point je suis capable. De beaucoup, de plus, de presque tout. 

Toutes les fins du monde n'en étaient pas elles ont juste fait (ré)apparaître des nouveaux morceaux de moi.

Y'a un élément nouveau qui me fait me méfier mais j'ai un peu plus peur que ça marche plutôt que ça ne marche pas. Promis je m'auto saboterai pas.

Puis au pire.

Je ferai apparaître un nouveau morceau de moi.