dimanche 25 octobre 2020

Dancing in the moonlight

Ce soir ça fait une semaine qu'iel est reparti.e.

Ca fait une semaine que j'ai pleuré à l'arrêt de bus.

En une semaine je me suis dit que c'est triste, que c'est ok, qu'en fait non c'est nul, que c'est ok, qu'on verra plus tard, que non parce que pas maintenant = jamais, que le timing c'est pas un vrai truc, que je suis contente, que non je suis triste,  que je suis prête à être ami.e.s, que je ne le suis pas, que je suis tout, que ça fluctue. Et que ce sera ok. Ce sera toujours ok au final.  

Dans la montée du parc, ma grand-mère a dit qu'on est deux diamants qui ne peuvent pas former une bague mais qui formeront autre chose. Elle a juste hoché la tête quand en conclusion de cette histoire je lui ai dit qu'en gros je m'en fous du genre des gens. Puis elle a paniqué quand je lui ai parlé de Rome l'an prochain. Avec Ugo on aime bien imaginer qu'on y sera en même temps et qu'on se fera des amis riches qui ont des maisons de campagne.


Son odeur sur le coussin est presque imaginaire maintenant.





jeudi 22 octobre 2020

Une grande première.

Pour une fois je ne prends pas ce qui se passe pour du rejet, ni pour de l'abandon.

Bien sûr que tous mes mécanismes de défense protestent et essaient de se rebeller et de me rendre triste subitement l'espace de quelques minutes. Mais là c'est un cas particulier. Pour une fois c'est réciproque. Pour une fois la personne en face de moi veut aussi quelque chose avec moi. Mais se mettre ensemble ça voudrait dire faire trop de compromis. Et on a toustes les deux promis à nous-même qu'on allait arrêter de se mettre soi-même en dernier. Alors on s'est embrassé.e.s quelques dernières fois avant qu'iel ne monte dans le bus. Et on s'est répété que c'est con cette situation. Et j'ai un peu ri à travers mes larmes à cause de ses blagues. 

Alors je me laisse un peu de temps, et je lui en laisse aussi. Pour mettre de côté et ne plus nourrir de romance entre nous. Pour construire quelque chose de platonique et rester dans la vie l'un.e de l'autre.

Le coussin sur lequel iel a dormi a presque perdu son odeur.

We live and we move, comme iel le dit si bien. Alors je vais aller vivre (aussi bien que possible en pleine pandémie). Et je vais me laisser me mouvoir comme l'eau. 





dimanche 27 septembre 2020

Le coup de la réciprocité.

Il a posé ses sentiments sur la table devant moi.

Une table imaginaire dans une pièce imaginaire qui se trouve quelque part au milieu des 260 kilomètres (oui j'ai compté) entre nous, que je vois dans ma tête parfois.


J'ai regardé ses sentiments mais il était une heure du matin et j'ai un peu paniqué. J'ai cru qu'il les posait et que la suite c'était qu'il allait les jeter, me jeter me rejeter, au loin, dans un endroit où on ne trie rien.

Parce qu'en fait moi j'ai pas l'habitude de ça. Moi j'ai l'habitude qu'au moment où l'autre ouvre son coeur c'est pour me montrer que je suis pas dedans quelques mots plus tard. 

J'ai dormi dessus, les yeux un peu salés comme après la mer mais sans chaleur sur ma peau noyée dans mes draps qui me paraissaient immenses.


Au réveil il a remis se sentiments sur la table devant moi. 

J'ai repensé à ce qu' Asma m'a dit. Que là il est temps de cesser de courir loin des miens, de les garder comme un secret trop hideux pour voir le jour aux yeux de la personne concernée. Alors j'ai posé les miens sur la table aussi.


Et en fait on a les mêmes. Et y'a un peu de peur aussi. Pas pour les mêmes raisons.

Et là tous mes mécanismes de défense sont sortis en même temps et je savais que j'étais en train de fuir alors je lui ai dit ce qui était en train de se passer. Et il m'a calmée. Et il m'a écoutée. 


Ca fait bizarre la réciprocité. Et le dialogue. Et la bienveillance. Quand on a passé des années sans en voir dans sa vie sentimentale. Mais c'est joli. Et c'est doux. 

dimanche 20 septembre 2020

Quand soudain.

Demain je commence mon nouveau taff.

J'ai un nouveau taff. 

Il est tombé du ciel un peu. Au hasard dans les spams de ma boîte mail, une opportunité presque ratée, à quelques heures près. 

Et aussi, dans la même semaine, y'a quelqu'un qui s'est hissé tout en haut dans ma liste de contacts. 

Ca fait beaucoup de choses chouettes d'un coup.

Mon anxiété trouve ça suspect. Mais je commence à la connaître. Je sais comment la faire partir, l'amadouer, la calmer, la mettre au tapis. Fermement. Avec douceur pour mon coeur et logique pour mon cerveau.

Et mon coeur retient enfin ce mantra:

Les moments sont des moments.





dimanche 6 septembre 2020

Une année entre parenthèses.

 C'est bizarre ça fait longtemps que j'ai pas placé une date buttoire au loin sur le plateau de jeu de ma vie.

Là j'ai mis mes pions quelque part sur ce plateau indéfini, multicolores, certains usés, d'autres sont des pièces rapportées, un peu similaires mais pourtant dépareillés, qu'on prend d'un autre jeu inutilisé. Je sais pas quand se terminera la partie, y'a toute une partie du plateau que je vois pas mais ce que je vois c'est que j'ai mis un pion plus loin, un an plus loin, il est sur la case septembre 2021, et sur cette case il y a un dessin du Colisée. Mais j'arrive pas à décider de si je veux que les cases entre celle ci et celle de septembre 2001 se précisent très clairement. J'ai peur d'entamer des choses ici qui me dissuaderont de partir.

Je connais déjà des yeux verts sur un visage qui fronce ses sourcils comme les miens, qui deviendront très très humides. Quand je partirai. Si je pars. Quand je partirai. Quand, si, quand, si, quand, si.


Mais je peux pas mettre toute une année entre parenthèse à la vivre à moitié pour être sûre d'avoir encore l'impulsion de la curiosité à mettre sur moi comme un sac à dos. Je peux pas éviter d'être vivante, comme si j'avais une jauge d'émotions et de vivacité qui allait s'amenuiser et se trouver vide le jour de mon hypothétique départ (même si techniquement, oui, notre jauge de vie s'amenuise de jour en jour mais je parle de VIE au sens poétique, pas au sens scientifique). 

J'ai juste tellement repoussé le jour où j'allais partir à la découverte de moi-même ailleurs, consciemment ou non, que maintenant que je me sens prête, j'ai peur de trouver des raisons de pas partir. Et vu que j'ai peur de trouver des raisons de pas partir j'ai envie de mettre un mur entre moi et le monde en attendant mon départ. Mais c'est pas comme ça que ça marche.


Quand je partirai. Pas si je pars. Quand je partirai.




dimanche 30 août 2020

Plein d'amour(s)






Avant de s'endormir , il s'est retourné dans le lit, et me tournant le dos, il a dit "Je suis vraiment content de t'avoir rencontrée Meredith."


Moi aussi je suis très contente de l'avoir rencontré, ce garçon aux airs de pirate dans un bar en novembre, et d'avoir appris de lui qu'en fait je suis tout a fait capable d'avoir des relations avec quelqu'un tout en sachant qu'il en a avec d'autres sans que ça fasse pousser une fleur rouge de jalousie dans ma cage thoracique.

D'avoir appris qu'il y a tellement de formes et de morceaux d'amour, et que plus j'en donne plus j'en ai en stock. Qu'on peut aimer quelqu'un et pas être amoureux, que quand c'est là c'est là et quand ça l'est pas, ça l'est pas. Et qu'il n'y a pas à creuser et qu'il faut rester dans le moment.

Je me demande quelles autres rencontres formatrices vont naître de ces apprentissages là. L'automne commence à se faufiler dans ma nouvelle rue au sommet des arbres à corneilles. J'ai un an d'aventures à vivre face à elles. Avant d'aller voir d'autres arbres. Et apprendre d'autres choses.


dimanche 2 août 2020

Table rase.




J'adore le confort qui se cache dans les habitudes.
Je suis monomaniaque. La même chanson pendant 48h, le même petit déjeuner pendant un mois, regarder tous les épisodes d'une même série pendant une semaine. Les mêmes basket neuves pendant des semaines, le même sac jusqu'à l'usure. Ces temps-ci le week-end je traverse la place, je prends un café frappé et une couque au chocolat. Le dimanche soir je commande chez poki poké. Les jours les plus anxieux je regarde un film vu et revu parce que je sais ce qui va se passer et que j'ai besoin de me tourner vers quelque chose dont je connais la fin. Quand je remonte la chaussée d'ixelles je prends le trottoir de droite. Quand je la descends c'est sur la gauche.  Quand je remonte la rue lesbroussart c'est par la gauche et je la descend par la gauche à partir du second feu. Quand j'ai passé une mauvaise journée je prends un paquet de mikado au chocolat noir et un petit café froid.

Et puis d'un coup, sans prévenir, du jour au lendemain, tous les 3 ans environ, parfois en l'espace d'une heure, un besoin pressant d'oxygène très différent apparaît. J'ai besoin de tout envoyer péter. Délicatement. Une envie qui fourmille dans mon cerveau qui se transmet à mon corps qui rend mes mains nerveuses. Il est l'heure de laisser la peau du serpent derrière. J'ai mangé trop de riz. J'ai bu trop de café. J'ai trop écouté cet album. Je veux plus manger des couques le dimanche. J'ai fait trop d'années à ce taff. J'ai trop soupiré en pensant à ce mec. J'ai trop vu ce film.

Je me demande à quoi vont ressembler mes habitudes jusqu'au prochain coup de tête.