vendredi 24 février 2017

Plot twist: I am not fine.

Je suis assise sur mon lit dans ma chambre chez ma mère et j'ai une boule dans la gorge et le ventre et probablement dans le coeur aussi.
Je viens de passer la soirée à attendre, tourner en rond, à l'affut d'un sms de mon meilleur ami dont j'ai pas de nouvelles depuis quelques heures, histoire de savoir si on faisait un truc ce soir.
Et le fait que ça me mette autant en rogne me frappe tout d'un coup dans l'estomac, en traître.

Je me la masque en faisant la fête. Je cache mon ressenti suivant la rupture dans le fond de mes basket et je l'écrase en dansant le week-end.

Il ne me manque pas. Enfin, "nous" me manque peut-être un peu. Mais tout d'un coup je suis toute petite et le monde est tellement grand et les routes devant moi sont sinueuses et y'a pas de panneau et y'a pas de plan et je connais pas la route et je distingue pas le nord du sud, y'a pas de lumières, c'est la nuit et il fait froid et il pleut et j'ai pas de putain de capuchon à mon manteau. Et tout d'un coup de chiale en écrivant ces mots et ça faisait un mois que j'avais pas pleuré.

Oui je suis redevenue moi-même et oui j'ai plein de projets mais je peux pas continuer à compter sur mon meilleur ami pour m'empêcher de me transformer en pierre parce que lui aussi a sa vie.

Oui je me sens délestée d'un poids mais putain. Si j'aimais plus jamais? Et si on m'aimait plus jamais? Qu'est ce qu'il y a à aimer chez moi? Je sais même pas comment je suis en fait. Je me suis perdue en cours de route je sais plus moi, c'est qui Meredith? C'est la fille qui perd sa voix tellement elle sort? C'est la meuf qui kiffe les squelettes? C'est la meuf en train de chialer en écrivant?

mardi 21 février 2017

I am God.


Samedi soir j'ai rencontré mes limites, on s'est serré la main, on a fait une petite révérence et on s'est dit à dans longtemps.
J'ai l'impression de tout et de ne rien contrôler. Je suis à ce croisement entre le flottement en eau claire et la grosse tempête.
Je gère mes cours, je gère mon stage, je gère mon taff, je gère ce que je mets dans mon corps (non toujours pas de drogues vous en faites pas), mais je me laisse guider à l'avant du vélo de mon meilleur ami, je laisse la pluie me couler dessus et je me retiens très très fort de prendre le dessus sur certaines choses.

Alors comme le stéréotype de la crédulité je me rattache aux tarots et aux horoscopes, comme si l'univers répondait à ma question au lieu de la laisser se répercuter à l'infini dans un long echo, celui de mon propre big bang à moi.

J'ai l'impression d'être née.

dimanche 12 février 2017

Redefining me.

J'aime quand il pleut en été mais j'aime pas être sous la pluie en hiver.
J'aime beaucoup les coco pops mais pas avec trop de lait sinon ça fait le petit bruit marrant assez longtemps mais ça ramollit trop.
Je lis avant de dormir, enfin je lisais avant de dormir et je vais recommencer.
Quand j'arrive pas à dormir j'aime bien dessiner ou alors je dessine à en oublier d'aller dormir et ça aussi je vais m'y remettre.
J'aime écouter de la musique tout le temps. Tellement qu'en stage d'archéologie de trois semaines pendant les moments de calme où on papotait j'avais un écouteur dans l'oreille parce que passé plusieurs jours sans musique c'est juste pas possible.
Je chante. Je crois que je chante bien mais je manque d'entraînement. Je chantais peu parce que j'aime chanter quand je suis seule. Je vais recommencer à chanter.
J'aime sortir jusqu'au petit matin et danser jusqu'à en oublier tout ce qui se passe autour de moi.

Jcrois que j'aime pas la notion de couple ou alors j'aime pas comment je l'ai vécu. J'aime pas qu'il ait déjà une nouvelle meuf après deux semaines de rupture et j'aime pas le fait que j'aime pas.


J'aime et j'aime pas le fait de pas savoir où j'en suis actuellement c'est tellement déstabilisant.

Je sais pas où je me situe. Mais c'est tellement bien.




mercredi 1 février 2017

Go surf that wave.

J'ai beaucoup réfléchi à comment écrire cet article et j'ai décidé de lui donner une tournure positive et garder le négatif pour moi et les messages envoyés à ma meilleure amie en pleurant dimanche.


C'est fini avec mon mec.

Ca venait de moi puis c'est devenu un accord mutuel et je vais chercher le reste de mes affaires vendredi.


Samedi j'ai 24 ans.

Au-delà de samedi je n'ai aucune idée de ce que la vie me réserve hormis le taf et les études d'ici un an et demi. Et c'est terrifiant et excitant à la fois.

Je vais avoir 24 ans et je ne sais pas du tout ce qui va se passer.
Je veux que ma vie soit comme quand je sens les basses à travers mes poumons à un concert.
Je veux que ma vie soit comme quand je ris avec ma petite soeur quand elle se prépare à aller dormir.
Je veux que ma vie soit comme quand je suis sur le plateau à l'avant du vélo de mon meilleur ami, comme une proue de navire au milieu des voitures.
Je veux que ma vie soit comme quand je danse avec mes amis.

C'est un terrifiant, merveilleux nouveau départ.


jeudi 26 janvier 2017

The endless pursuit of happiness


Quand j'avais 18 ans j'étais malheureuse.
En fait non, j'étais carrément apathique.


Je ne ressentais rien.
Rien du tout.

J'ouvrais mon livre préféré et je ne dépassais pas le titre. J'allumais la télé et les images dansaient devant moi sans faire de sens. Les gens me parlaient et j'avais l'impression de ne pas comprendre leur langue. Sortir de chez moi me demandait un effort constant et j'inventais des excuses pour ne pas le faire, invoquant "un rhume". Mais j'étais vraiment malade. Juste pas physiquement.
Et c'est alors qu'est arrivé le principe de l'âne et la carotte. L'âne c'était moi. Et la carotte a changé au fil des années mais ce qui n'a jamais changé c'est qu'elle était en déplacement constant, devant moi, je la voyais, mais je ne l'attrapais jamais.
La carotte c'est le bonheur.
J'ai cru qu'en pesant un certain poids je serais heureuse.Puis quand j'ai atteint ce poids je n'étais pas heureuse. Alors je me suis fixé un nouveau poids auquel je serais heureuse. Et puis je n'étais pas heureuse.

Mais ce sort est réservé à tant de gens, avec ou sans troubles mentaux. On avance en poursuivant quelque chose qu'on arrive à dater, qu'on voit au loin, et puis une fois là en fait c'est pas tout à fait ça alors on fixe une nouvelle étape un peu plus loin. Et quand on est sur place, finalement, c'était pas la bonne non plus.

Quand j'aurai fini le lycée, quand j'aurai un mec, quand mes potes reviendront d'erasmus, quand j'aurai fini la fac, la semaine prochaine, après les vacances, à la rentrée, quand j'aurai du taff, quand j'arrêterai ce taff, quand j'aurai des gosses...J'serai heureux/se.

Mais c'est pas vrai. Le bonheur c'est pas une récompense qu'on reçoit après avoir grimpé sur tous les obstacles de merde qui se retrouvent dans nos vies. C'est pas une coupe qu'on va poser sur notre cheminée et la regarder prendre la poussière avec fierté.
Le bonheur c'est dans les petits moments de calme, dans le goût d'un croissant chaud, dans votre livre adoré, dans les basses qui vrombissent dans nos cages thoraciques lors du concert de notre artiste préféré, c'est rien et c'est tout ce que vous voulez.

Mais c'est pas une récompense qui va arriver à une date donnée. La pression qu'on se met pour être heureux ne nous aide pas.

Respirez un coup.

Ca va aller.

vendredi 20 janvier 2017

The strangest day.

Y'a quelques années j'ai regardé le film Idiocracy.
J'avais vaguement ri.

Et là, en fait, Trump est président. 
Mais y'a pas que ça qui est inquiétant.

On est toujours dans un système de merde où on nous ligue les uns contre les autres, où on s'invente un ennemi à qui on donne des coups qui eux ne sont pas imaginaires.
Qu'est ce que ça vous coûte de veiller les uns sur les autres?
Quelle énergie de plus est ce que ça vous demande d'avoir des paroles bienveillantes plutôt que d'aller insulter les gens sur twitter?
Combien de temps perdriez vous à veiller que quelqu'un rentre bien chez lui/elle?
Qu'est ce que ça vous demande d'être bienveillant?
On nous enseigne à être des connards, à penser qu'à nos gueules, parce qu'on commence à manquer de ressources et de place.

Mais qu'est ce que ça va nous demander d'enfin se rendre compte qu'on se fout de nos gueules et qu'ensemble on peut éventuellement changer ça?

Si seulement on pouvait mettre notre pessimisme de côté.
Si seulement j'étais pas utopiste.
Si seulement j'en avais rien à foutre.


mercredi 11 janvier 2017

Stop the clock.


"I have a white hair"
"No you don't."

"Yes i do! There!"

Mon père a soupiré et a allumé la douche pour ma soeur de six ans tandis que j'auscultais les mèches qui ornent mes tempes. Je suis sûre d'en avoir vu un, au même endroit qu'avant. Sauf que les deux ou trois fois que je l'ai trouvé, ce cheveu blanc, je l'ai arraché.
J'ai commencé ma puberté il y a moins de dix ans. Qui a décidé que j'aurais déjà les marques du temps dans mes cheveux?  Pas moi.
Il y a deux semaines, la vendeuse de chez Yves Rocher a glissé des échantillons dans mon sac. Un shampoing pour cheveux secs (j'ai les cheveux gras), et un soin ANTI RIDES.
J'ai vingt quatre ans dans un mois et je ne suis pas d'accord.
Quand ma mère avait vingt-quatre ans, elle était enceinte de moi.
Comment pourrais-je avoir un enfant, je SUIS un enfant.

Alors pendant que ma soeur se lavait avec son savon à la fraise, moi je m'auscultais dans le minuscule miroir rond. Trois. Trois cheveux blancs.
J'ai dix-sept ans d'écart avec elle, ses incisives toutes neuves sont en train de pousser et moi, moi, j'ai trois cheveux blancs.

J'ai trois cheveux blancs et si je m'écoutais je mangerais des céréales à tous les repas.
J'ai trois cheveux blancs et quand je m'emmerde, je clique sur l'option kids sur netflix.
J'ai trois cheveux blancs et encore des traces de marqueur sur les doigts après l'atelier bricolage au taff.
J'ai trois cheveux blancs et quand je dors seule je regarde sous mon lit avant de me coucher.
J'ai trois cheveux blancs et j'aime pas les endives.
J'ai trois cheveux blancs et j'ai l'impression qu'hier j'avais seize ans, et que c'est hier que mon père m'a fait m'asseoir en me disant "Deux choses: maintenant pour moi tu es une adulte (quelle idée saugrenue). Deuxièmement, maintenant, ça va aller très, très vite."

Claquement de doigt.

J'ai pas compris.

J'ai trois cheveux blancs.

Bb moi 100% pas de cheveux blancs