dimanche 26 janvier 2020

Non merci.


Ca fait à peu près deux semaines que j'ai le temps de m'ennuyer. Mon ennui des plus profonds dans ma chambre d'hôpital (tout va bien) m'a fait me rendre compte qu'on prend tellement pour acquis notre habilité de mouvement, et que le fait de pas devoir mettre dix minutes à aller pisser c'est quand même un putain de privilège. Mon ennui plus superficiel chez moi, entourée de bouquins d'astrologie, de liste de films pseudo-intellectuels et de recherche de routine capillaire pour cheveux ondulés sur youtube, m'a permis de me rendre compte qu'il va vraiment falloir que je me trouve un second job qui me plaît tout autant que le premier car plus que l'inactivité, je déteste l'activité vide de sens, et tout ce vide dans mon cerveau qui prend encore un peu l'air m'a fait me rendre compte que je suis de nouveau entrée dans une de ces périodes sacro saintes de ma vie où je ne kiffe personne.

P E R S O N N E

L'hiver se cogne aux vitres de mon petit chez moi, le chauffage essaie de m'apporter toute l'aide qu'il peut, mes pulls se multiplient et se font des câlins par dessus ma peau, je m'enroule comme un serpent qui regrette sa mue sous ma couette et pourtant mon coeur n'est pas parti à la chasse aux amants imaginaires. Bon aller je mens, mais si peu. Tant que les amants sont imaginaires le cerveau reste alerte à la vie. Mais c'est quand le toucher devient réel et les textos existants que j'ai envie de jeter mon téléphone par la fenêtre et de trouver une forme éphémère de lobotomie. Au détour d'une conversation avec ma mère je suis parvenue à la conclusion sécurisante que les mecs de mon âge ne me satisferont jamais. Comme si ça faisait maintenant autour de moi un bouclier invisible que les moins de trente ans ne peuvent pas traverser. Mais la vérité la plus profonde c'est que les boucliers m'ont toujours rassurée par effet placebo plus qu'autre chose. En fait là y'a pas de bouclier, le bouclier il est intérieur, il se résorbe et revient par surprise et me fracasse parce qu'il est lourd à porter et trop souvent il me tombe dessus. Et je me suis souvent retrouvée immobilisée par ce poids affaiblissant à ne pas savoir ni avancer ni reculer, après avoir couru en cercle à l'infini sans savoir si je pourchassais ou si j'étais pourchassée, si j'avançais ou si je reculais.


Je sais pas pourquoi j'en suis de nouveau à parler d'amour, d'amourette et de tous ses dérivés à préfixes et suffixes aléatoires. Je pense que c'est un de mes mystères préférés, et je crois toujours que je préfère quand il se passe rien, parce que quand il se passe rien tout pourrait arriver. J'ai pas envie de bien aimer quelqu'un et que ça m'empêche d'être ici et maintenant à 100% parce que peut-être qu'il sera à telle soirée et il m'a dit qu'il me disait quoi mais il m'a encore rien envoyé et tu crois qu'il voulait dire quoi quand il a dit ça, mais quand il a dit ça il a fait ça, ça veut dire quoi ça. Non merci. Je vais laisser l'armure au placard. Mais je garde mon cerveau.





Aucun commentaire:

Publier un commentaire